Le blog / Les Cordeliers

Susan Buchanan and Stephen White’s
BOUTIQUE-STYLE « HOTEL »

Le luxe discret à Sarlat : pourquoi Les Cordeliers choisit cinq chambres plutôt que quinze hôtes

Publié en Sep 2026

Sarlat-la-Canéda attire jusqu’à deux millions de visiteurs par an dans une vieille ville médiévale que l’on peut traverser de bout en bout en quinze minutes. Des lanternes surplombent les façades de pierre couleur miel, le marché du samedi s’étend sur trois places, et dès le mois de juillet, les ruelles étroites bourdonnent du petit-déjeuner jusqu’à la tombée de la nuit. C’est l’une des plus belles villes de France et, quelques mois par an, l’une des plus animées.

La plupart des hébergements de Sarlat répondent à cette effervescence en l’amplifiant : plus de lits par chambre, plus d’hôtes au mètre carré, plus de recettes par saison. Sous la conduite de Stephen et Susan, Les Cordeliers fait exactement l’inverse.

Notre licence autorise quinze hôtes. Nous en accueillons dix au maximum.

C’est le détail qui surprend le plus souvent, et c’est l’expression la plus claire de ce que le luxe discret signifie vraiment ici : non pas une planche d’inspiration, mais une règle.

Les Cordeliers occupe une Maison de Maître des années 1870, une demeure en pierre de taille juste en face de la place, à deux pas du centre médiéval de Sarlat. Selon son classement officiel, la maison pourrait légalement accueillir jusqu’à quinze personnes dans ses cinq chambres. Nous ne le faisons pas. Chaque chambre est plafonnée à un ou deux adultes, un point c’est tout. C’est un plafond que nous nous imposons délibérément, préféré aux revenus que rapporterait le remplissage des chambres jusqu’à leur maximum légal.

Réduire d’un tiers sa propre capacité est un drôle d’argument commercial. Mais c’est toute la différence entre un hôtel qui se trouve être calme et un hôtel qui a fait du calme le cœur de son modèle. Vous ne partagerez jamais un palier avec un enterrement de vie de garçon. Vous n’entendrez jamais un lit d’appoint qu’on pousse devant votre porte à 23 heures. Aux Cordeliers, « réservé aux adultes » et « cinq chambres, jamais plus » ne sont pas deux règles distinctes : c’est la même décision, prise deux fois.

Notre licence autorise quinze hôtes. Nous en accueillons dix au maximum. — Les Cordeliers, Sarlat

Avec seulement cinq chambres, les dates se réservent vite. Vérifiez les disponibilités en direct pour obtenir le meilleur tarif et le choix de votre chambre.

La tranquillité comme cahier des charges, pas comme argument

Entrez dans n’importe laquelle de nos chambres et vous remarquerez ce qui manque avant même de remarquer ce qui s’y trouve : il n’y a pas de télévision. Ce n’est ni un oubli ni une économie. C’est un principe fondateur de la maison, que les propriétaires résument simplement : le nouveau luxe de notre société, c’est la tranquillité. Ce n’est pas non plus une posture contre la technologie : chaque chambre dispose de nombreuses prises pour les hôtes qui souhaitent regarder un film en streaming sur leur ordinateur portable ou leur tablette, casque sur les oreilles, comme ils l’entendent. Ce qui est absent, c’est la télévision comme bruit de fond, cet objet qui remplit une pièce, que quelqu’un la regarde ou non. Ce que Les Cordeliers supprime, c’est le réflexe, pas le choix.

Ce qui remplace l’écran, c’est tout le reste : des matelas Vispring fabriqués à la main, des revêtements muraux en soie couleur champagne, des consoles à plateau de marbre, des lustres en cristal, des fauteuils de style Louis XV disposés pour la lecture plutôt que pour faire défiler un écran. Chaque chambre est conçue pour l’aisance et le confort ; avec près de 37 mètres carrés, elles sont nettement plus grandes que la moyenne européenne, assez pour que le « calme » ne soit pas seulement acoustique mais aussi spatial. Vous n’êtes pas collé à un mur mitoyen, l’oreille tendue pour savoir si votre voisin dort déjà.

Les salles de bains suivent la même logique, jusque dans un détail que la plupart des hôtes ne pensent jamais à demander : lorsque l’architecte et les artisans ont préparé la Maison de Maître pour sa nouvelle vie de maison d’hôtes, la plomberie elle-même a été insonorisée, douches et baignoires isolées, si bien que l’eau qui coule dans une chambre ne s’entend pas dans la suivante. C’est le genre de décision qui coûte plus cher et n’apparaît dans aucune brochure, prise simplement parce que c’était la bonne façon de bâtir une maison silencieuse. Trois des cinq chambres ont une douche à l’italienne, une autre associe douche et baignoire, et la dernière offre une baignoire qui invite à un long bain avec un bon livre. Les produits de bain biologiques Damana sont fournis d’office, sans supplément.

Même la climatisation suit la même règle. Les unités murales ont été choisies non seulement pour leur efficacité mais aussi pour leur faible niveau sonore, puis révisées avant chaque saison et contrôlées tout au long de celle-ci, car une chambre silencieuse en juin qui bourdonne en août n’est pas vraiment silencieuse : elle ne l’était que le jour de l’installation. Rien ici ne cherche à se faire remarquer. Tout est simplement assez bien conçu, et assez bien entretenu, pour que vous cessiez d’y penser.

La tranquillité comme cahier des charges, pas comme argument — Les Cordeliers, Sarlat

Une détox numérique délibérée, pas une privation

Certains hôtes arrivent en pensant que l’absence de télévision leur pèsera, et repartent presque toujours en disant le contraire, quand ils y pensent encore. Sans écran pour organiser la pièce, les soirées se réinventent d’elles-mêmes : on finit vraiment un livre, une conversation se prolonge bien au-delà de l’habitude, la promenade dans la vieille ville après le dîner a lieu au lieu d’être remise. Nous n’en faisons pas un programme de détox numérique en bonne et due forme, avec horaires et règlement. C’est plus simple et moins directif que cela : retirer le seul objet qui organise en silence la plupart des soirées à la maison, et voir ce que les hôtes choisissent de faire à la place. Presque tout le monde a toujours un téléphone en poche. Mais une chambre conçue sans écran en son centre offre une soirée d’une tout autre nature que celle bâtie autour d’un écran, et cette différence est l’essentiel de ce que le « luxe discret » promet en réalité.

Une maison à un seul escalier, et des hôtes qui connaissent votre nom

Il n’y a pas d’ascenseur aux Cordeliers, pas de hall avec une réception occupée à tour de rôle, pas de toilettes communes au bout d’un couloir. La maison ne compte que trois niveaux (rez-de-chaussée, premier et second), reliés par un unique escalier central, moquetté sur toute sa hauteur pour amortir chaque pas et garder la maison silencieuse même lorsque les cinq chambres sont occupées. Pas d’ascenseur, donc pas de bruit d’ascenseur : ni bourdonnement mécanique, ni carillon de porte, ni ronronnement nocturne, ceux que même un bon ascenseur produit dans un petit bâtiment. Une petite kitchenette au second est réapprovisionnée chaque jour en espresso et en thé pour les hôtes qui souhaitent une pause l’après-midi ou un petit remontant avant le dîner. C’est l’agencement d’une maison particulière, parce que c’en est une, ou presque.

Une maison à un seul escalier, et des hôtes qui connaissent votre nom — Les Cordeliers, Sarlat

C’est cette échelle qui rend possible la relation avec les hôtes. Susan et Stephen, qui tiennent la maison, ne gèrent pas un hôtel depuis un bureau à l’arrière. Ce sont eux qui, au petit-déjeuner, vous disent quelle boulangerie ou pâtisserie a fait le pain ou la viennoiserie du jour, et lequel des dizaines de restaurants bien notés de Sarlat conviendra vraiment à la soirée que vous préparez. Les hôtes décrivent invariablement l’expérience moins comme un séjour à l’hôtel que comme un accueil chez des amis qui connaissent très bien le Périgord Noir. Ce genre d’attention ne survit pas au-delà d’une poignée de chambres.

Une maison à un seul escalier, et des hôtes qui connaissent votre nom — Les Cordeliers, Sarlat

Une maison où nous vivons réellement

Une précision qui mérite d’être faite, dans le même esprit que tout le reste de cette page : Susan et Stephen vivent au rez-de-chaussée des Cordeliers. La plupart des soirs, cela ne change rien qu’un hôte puisse remarquer. Certains soirs, nous recevons quelques amis à dîner, ou nous nous attardons avec un voisin dans une conversation qui dure plus que prévu. Stephen se met généralement aux fourneaux une fois que la plupart des hôtes sont partis dîner. Tout cela pour dire que nous veillons à concilier notre engagement pour le calme et la « joie de vivre » à la française.

Un petit-déjeuner sans contrainte

Le petit-déjeuner obéit à la même logique : pas d’horaire de table à respecter, pas de sonnette. Les hôtes descendent quand ils sont prêts, que ce soit pour un départ matinal avant une excursion ou pour une matinée tranquille sans rien de prévu. Certains matins, c’est une table pour vous seul et le calme que vous étiez venu chercher ; d’autres, quand plusieurs chambres descendent en même temps, cela devient franchement convivial, les voyageurs échangeant sur les lieux visités et ceux qu’ils s’apprêtent à découvrir. Dans les deux cas, la maison fonctionne comme prévu. Le luxe discret n’est pas un silence imposé à chaque hôte à toute heure ; c’est la liberté de choisir son rythme, et de trouver l’un ou l’autre.

À deux pas de l’animation, et pourtant à l’écart

C’est généralement sur l’emplacement que « calme » et « central » se contredisent. Les Cordeliers fait exception : la maison donne directement sur la Petite Rigaudie, une place-jardin juste à l’extérieur du cœur médiéval, assez proche pour que les marchés du mercredi et du samedi soient à deux minutes à pied de la porte d’entrée, et pour que la cathédrale, la lanterne des morts et les ruelles de pierre du vieux Sarlat soient atteintes avant même que votre café n’ait refroidi.

Mais les chambres, elles, donnent sur les jardins de la place, non sur la foule du marché ni sur les terrasses des restaurants : assez près pour rejoindre à pied tout ce qui fait la réputation de Sarlat, assez à l’écart pour revenir vers quelque chose de plus calme. C’est la différence entre loger dans Sarlat et loger à côté de Sarlat pendant que la ville vit sa vie.

À deux pas de l’animation, et pourtant à l’écart — Les Cordeliers, Sarlat

Ici, le slow travel n’est pas une tendance : c’est ainsi que la Dordogne a toujours vécu.

Le slow travel est devenu, ces dernières années, une sorte de mouvement, avec son hashtag, ses listes de bagages et ses règles pour voyager de façon plus consciente. Nous nous réjouissons que de plus en plus de voyageurs découvrent cette idée, mais nous mentirions en disant qu’elle nous paraît nouvelle. La Dordogne est lente, exactement en ce sens, depuis bien avant que quiconque ait songé à donner un nom à cette lenteur. Ici, un déjeuner de deux heures n’est pas un excès, c’est simplement la durée d’un déjeuner. Une matinée de marché se flâne plutôt qu’elle ne se conquiert. Un verre de bergerac à six heures est considéré, à juste titre, comme le véritable but de la journée, plutôt que comme la récompense de l’avoir terminée.

Le relief vallonné lui-même impose ce rythme. Ces routes n’ont pas été tracées pour une voiture de location lancée à cent quarante ; elles l’ont été pour la charrette, puis pour la bicyclette, et c’est encore à cette allure qu’elles se savourent. Les hôtes qui arrivent avec dix étapes par jour au programme l’allègent dès le deuxième matin, non parce que nous le leur avons demandé, mais parce que la région plaide sa cause mieux que nous ne saurions le faire. Ce que les réseaux sociaux appellent aujourd’hui le slow travel, le Périgord l’a toujours simplement appelé un mardi.

Notre règle pour les animaux : un refus sincère, de la part de gens qui aiment les chiens

Disons-le clairement, puisque des hôtes nous le demandent parfois : Les Cordeliers n’accepte pas les animaux, sans exception, quels que soient leur taille ou leur éducation. Ce n’est pas une décision prise à la légère, ni par des gens qui ignoreraient l’attachement que l’on porte à un chien. Notre Elvis, un caniche royal doté de plus de personnalité que bien des bipèdes, a régné des années sur notre ancienne maison. Oli, le chien de ma sœur, et Hannah, la chienne de mon père, sont deux autres chiens que nous laisserions volontiers entrer dans n’importe quelle chambre des Cordeliers, si la maison n’appartenait qu’à nous.

Ce n’est pas le cas. Le temps d’un séjour, elle appartient à nos hôtes, pour la plupart inconnus les uns des autres, certains avec des allergies qu’ils n’ont pas pensé à signaler, tous venus ici en partie pour la plomberie insonorisée et l’escalier feutré autour desquels nous avons bâti toute la maison. Un aboiement dans une chambre tendue de soie porte exactement aussi loin qu’ailleurs, et le calme, une fois promis, n’est pas quelque chose que nous sommes prêts à sacrifier, même pour l’animal le mieux élevé. C’est la même logique que pour le plafond de chambres et l’absence de télévisions : une maison aussi petite ne reste calme que si chaque décision la protège, y compris les plus difficiles.

À qui cela convient

Le luxe discret, pratiqué comme il se doit, ne convient pas à tout le monde, et nous ne prétendons pas le contraire. Il s’adresse aux voyageurs pour qui des détails moins nombreux mais mieux pensés comptent plus qu’un bar ouvert tard ou une piscine : des couples qui fêtent un anniversaire, des amateurs de bonne table et de vin qui bâtissent leur itinéraire autour des marchés et des vignobles de la Dordogne, des adeptes du slow travel qui préfèrent faire moins mais bien plutôt que beaucoup et vite, ou simplement des hôtes qui ont fréquenté assez d’hôtels pour savoir que l’espace, le calme, une attention sincère et une vraie connaissance du terrain sont ce qu’il y a de plus difficile à trouver.

Si c’est le genre de voyage que vous envisagez, Les Cordeliers vous attend.

À qui cela convient — Les Cordeliers, Sarlat

Foire aux questions

Les Cordeliers est-il vraiment réservé aux adultes ?

Oui. C’est une règle fondatrice de la maison, non une restriction saisonnière. Chaque chambre est limitée à un ou deux adultes, sans exception.

Combien de chambres compte Les Cordeliers ?

Cinq. Notre classement autorise jusqu’à quinze personnes dans ces chambres ; nous choisissons d’en accueillir dix au maximum, à raison de deux adultes par chambre.

Les Cordeliers se trouve-t-il dans le centre de Sarlat ?

Oui. La maison se trouve sur la Petite Rigaudie, une place-jardin juste à l’extérieur des portes médiévales de Sarlat, à deux minutes à pied de la vieille ville et des marchés hebdomadaires.

Y a-t-il des télévisions dans les chambres des Cordeliers ?

Non, c’est un choix délibéré, qui participe de l’esprit de déconnexion de la maison.

Les Cordeliers accepte-t-il les animaux ?

Non. C’est une règle ferme de la maison, par égard pour l’ensemble des hôtes.

Le petit-déjeuner est-il inclus, et y a-t-il un horaire fixe ?

Le petit-déjeuner est inclus, sans place attitrée. Les hôtes descendent quand cela leur convient, du départ matinal à la grasse matinée.

Les propriétaires vivent-ils sur place ?

Oui. Susan et Stephen vivent au rez-de-chaussée. La maison est véritablement la leur, pas un décor, et le calme autour duquel les chambres sont conçues, ils le prennent tout aussi au sérieux dans leurs propres pièces.

La tranquillité comme cahier des charges, pas comme équipement — Les Cordeliers, Sarlat
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