
Une région que les photographes ont toujours recherchée
Distance depuis Les Cordeliers : 14,6 km (15 minutes de route vers l’est par la D704).
La meilleure preuve que cette lumière a toujours mérité qu’on la poursuive est antérieure de près d’un siècle aux stages photo. Robert Doisneau est venu pour la première fois dans la région lors de vacances en famille en 1937, dans le cadre de la première vague des congés payés français, et y est revenu en août 1939 pour une commande de l’agence Rapho, tout juste fondée : sa toute première mission professionnelle, un reportage photo sur les excursions en canoë sur la Dordogne et le Lot. La déclaration de guerre a interrompu cette mission, mais les photographies des deux séjours ont survécu, et aujourd’hui elles remplissent La Gare Robert Doisneau, une ancienne gare ferroviaire de Carlux devenue le seul espace d’exposition permanent de France consacré à son œuvre.
La galerie abrite deux expositions permanentes. L’une retrace ces séjours de 1937 et 1939 : paysages inchangés, photos de famille, excursions en canoë sur une rivière qui, sur les images de Doisneau, ressemble étonnamment à ce qu’elle est aujourd’hui. L’autre, construite autour du thème des « tranches de vie » auquel il est revenu tout au long de sa carrière, se tourne vers les habitants de la région : portraits de figures locales, dont des ouvriers de la maison de foie gras Rougié, toute proche, aujourd’hui définitivement fermée.
Un laboratoire interactif permet aux visiteurs de s’essayer aux techniques de chambre noire que Doisneau lui-même utilisait, un petit café occupe l’ancien bâtiment de la gare, et des expositions temporaires présentent tour à tour le travail d’autres photographes, en complément de la collection permanente. Une ou deux générations plus tôt, le peintre impressionniste Gaston Anglade avait bâti sa réputation sur des scènes champêtres de la Dordogne noyées de brume, s’inscrivant dans une tradition libre et informelle d’artistes qui ont trouvé ici ce que les peintres de Barbizon avaient trouvé dans la forêt de Fontainebleau : une lumière qui donne envie de revenir.
La note de terrain du photographe
La composition : Jouez du contraste entre l’architecture d’époque de la gare et les riches nuances des tirages argentiques historiques exposés à l’intérieur.
Fiche technique : 50 mm, f/2.8, ISO 400, mesure spot sur les tons moyens contrastés des tirages.
Que mettre dans son sac pour cette lumière
Dans le Périgord, un équipement simple vaut mieux qu’un matériel sophistiqué. Un objectif allant du grand-angle au standard (environ 24-50 mm en équivalent plein format) couvre la plupart des points de vue sur la vallée ainsi que les ruelles médiévales étroites de Sarlat, tandis qu’un petit téléobjectif mérite sa place pour resserrer les collines étagées derrière Castelnaud ou Domme et se rapprocher de ce que l’œil perçoit réellement. Un trépied robuste compte ici plus qu’ailleurs, car la lumière de l’heure bleue et de l’heure dorée qui fait la réputation de la région s’accompagne de temps de pose proportionnellement longs. Un filtre polarisant réduit les reflets à la surface de la Dordogne et intensifie le ciel les jours dégagés qui suivent la pluie, un accessoire souvent utile, puisque c’est exactement le temps qui lance aussi la célèbre saison des champignons de la région. Des chaussures confortables comptent autant que n’importe quel objectif : plusieurs des meilleurs points de vue de cette page se méritent à pied depuis le parking le plus proche.
La lumière, saison par saison
Printemps
Le printemps apporte l’air le plus limpide de l’année, lavé par des pluies fréquentes, et le vert le plus frais sur la canopée de noyers et de chênes qui fait la réputation de la vallée, idéal pour les grands panoramas sur la rivière à Domme et Trémolat, moins sûr pour qui espère un coucher de soleil par temps sec.
Été
L’été offre la lumière la plus longue et les points de vue les plus fréquentés ; les matinées et l’heure bleue, une fois les visiteurs de la journée repartis, n’en sont que plus précieuses.
Automne
L’automne est, de l’avis général, la vraie saison du photographe : la lumière devient plus chaude et plus rasante même en milieu de journée, la brume envahit régulièrement la vallée à l’aube le long des méandres de la rivière près de Trémolat et Limeuil, et la canopée de noyers et de chênes qui vire aux couleurs d’automne ajoute une couleur que les mois d’été n’offrent tout simplement pas.
Hiver
L’hiver fait presque entièrement disparaître les foules et peut offrir une lumière rasante, étonnamment claire, pendant la majeure partie de la courte journée ; quelques petits sites réduisent toutefois leurs horaires hors saison, ce qu’il vaut mieux vérifier avant de bâtir un programme de prises de vue autour d’eux.
Sarlat à l’heure bleue : la vieille ville après la tombée de la nuit
Distance depuis Les Cordeliers : 0 km (juste devant la porte, au cœur du centre historique de Sarlat).
L’heure dorée a la réputation pour elle, mais l’heure bleue, ces vingt minutes environ juste après le coucher du soleil, quand le ciel garde encore de la couleur mais que l’éclairage public s’est allumé, convient sans doute mieux aux ruelles médiévales de Sarlat que la pleine lumière du jour. La pierre couleur miel qui rend la vieille ville si photogénique de jour prend un tout autre caractère une fois les lampadaires allumés et les foules dissipées, c’est pourquoi une séance à l’heure bleue dans les rues à arcades s’impose à quiconque visite Sarlat appareil en main.
La note de terrain du photographe
La composition : Installez-vous à l’angle de la rue des Consuls et cadrez le ciel bleu cobalt au-dessus des arcades de pierre éclairées par les lanternes.
Fiche technique : 24 mm, f/11, pose longue de 3,2 secondes, ISO 100, mise au point manuelle verrouillée sur les principales colonnes de pierre.
Marqueyssac à l’ouverture : avant le premier car de tourisme
Distance depuis Les Cordeliers : 10,9 km (12 minutes de route vers le sud-ouest à travers la vallée, par la D57).
Les Jardins suspendus de Marqueyssac, avec plus de 150 000 buis taillés à la main déployés sur un promontoire au-dessus de la Dordogne, sont spectaculaires à toute heure ; mais arrivez pile à l’ouverture, avant les premiers autocars de la journée, et ils prennent des airs de paysage peint rien que pour vous.
Au-delà de la photographie, les jardins méritent aussi une visite plus lente ; voir notre guide des jardins de la Dordogne pour en savoir plus.
La note de terrain du photographe
La composition : Placez-vous au belvédère ouest, face à la Dordogne, avant que la brume matinale ne se lève.
Fiche technique : 35 mm, f/5.6, 1/160s, ISO 200, polarisant circulaire pour atténuer les reflets de la rosée sur les feuilles.
L’heure dorée sur la rivière : La Roque-Gageac et le château de Beynac
Distance depuis Les Cordeliers : 12,1 km jusqu’à La Roque-Gageac / 11,8 km jusqu’au château de Beynac (moins de 15 minutes de route pour l’un comme pour l’autre).
Certains points de vue semblent faits pour être photographiés en fin de journée. Les maisons troglodytes de La Roque-Gageac, construites à même une falaise au-dessus de la Dordogne, captent le soleil rasant sans rien aplatir ni rien cacher, chaque pierre ocre et chaque fenêtre sculptée se détachant nettement. Quelques kilomètres plus loin, la silhouette médiévale du château de Beynac au-dessus de la rivière attire photographes et cinéastes pour la même raison ; l’heure dorée vue depuis les falaises en contrebas transforme la forteresse en un jeu d’ombres et de pierre chaude.
La note de terrain du photographe
La composition : Photographiez depuis la gabarre, au fil de la Dordogne, en cadrant les maisons troglodytes de La Roque-Gageac qui surgissent de la falaise, le reflet de la rivière occupant le tiers inférieur de l’image.
Fiche technique : zoom 70-200 mm pour s’adapter aux déplacements du bateau, f/8, 1/500 s pour figer son mouvement, ISO 400, stabilisation d’image activée.
Notes pratiques : drones, accès et affluence
Quelques points pratiques sont bons à connaître avant d’arriver avec tout son matériel. La photographie par drone autour des châteaux et des sites historiques de la région est généralement restreinte, et les règles peuvent varier selon le site et changer sans grand préavis, mieux vaut donc, si l’on prévoit de faire voler un drone, se renseigner directement auprès de chaque propriété plutôt que de présumer de l’autorisation. Plusieurs des meilleurs points de vue, Marqueyssac et Domme en particulier, demandent un peu de marche depuis le parking le plus proche, davantage encore sur les sites plus reculés comme le Cingle de Trémolat ; un sac pensé pour marcher vaut donc mieux qu’un sac pensé seulement pour ranger. L’affluence suit un schéma prévisible : les points de vue classiques se remplissent le plus vite entre le milieu de matinée et la fin d’après-midi en été, c’est précisément pourquoi les hôtes de cet atelier bâtissent le programme autour des séances du matin et du soir, plutôt qu’aux heures où tout le monde est déjà sur place.
Domme : la vue panoramique au crépuscule
Distance depuis Les Cordeliers : 13,2 km (15 minutes de route vers le sud par la D46).
Domme, bastide perchée au-dessus de la vallée et classée parmi les Plus Beaux Villages de France, offre l’une des vues les plus vastes de tout le Périgord : la Dordogne qui serpente en contrebas, villages et châteaux disséminés le long de ses rives. Au crépuscule, tandis que les couleurs de la vallée se transforment et que la lumière s’adoucit, ce n’est plus une simple photographie mais un panorama entier, qui mérite qu’on lui consacre une bonne heure, sinon davantage.
La note de terrain du photographe
La composition : Cadrez le vaste panorama depuis les hauts remparts de la bastide, dans la pénombre du crépuscule.
Fiche technique : 28 mm, f/16, assemblage panoramique multi-vues, pose de 6 secondes, ISO 100.
Château de Castelnaud : deux châteaux, un seul cadre
Distance depuis Les Cordeliers : 14,1 km (16 minutes par la pittoresque D57, qui franchit la rivière).
Castelnaud fait face à son rival séculaire, Beynac, de l’autre côté de la vallée, et c’est précisément cette rivalité qui rend la vue digne de la montée. Depuis la terrasse supérieure du château, à 150 mètres au-dessus de la rivière, l’heure dorée met en scène deux forteresses plutôt qu’une, la silhouette de Beynac clairement visible dans le même cadre. La lumière du matin passe ici pour la plus flatteuse, à l’inverse de Beynac de l’autre côté de l’eau, ce qui dicte un ordre naturel à qui veut photographier les deux sites dans la journée : Castelnaud d’abord, Beynac en fin de journée.
La note de terrain du photographe
La composition : Photographiez depuis les hauts créneaux de Castelnaud, au téléobjectif, pour resserrer la distance jusqu’au donjon de Beynac.
Fiche technique : téléobjectif 200 mm, f/5.6, 1/250s, ISO 200, mesure matricielle pour préserver les détails d’un ciel lumineux.
Le Cingle de Trémolat : un méandre quasi parfait
Distance depuis Les Cordeliers : 30,5 km (35 minutes de route pittoresque vers l’ouest par la D703 — l’étape la plus éloignée de cette page, mais elle mérite le détour).
Le belvédère de Trémolat domine l’un des méandres les plus complets de toute la vallée, la Dordogne s’incurvant sur près de 180 degrés au-dessus d’une mosaïque de champs et de collines. Il n’attire qu’une fraction des visiteurs de Domme et récompense d’autant mieux le trajet supplémentaire : le feuillage estival peut encombrer le point de vue principal, les sentiers situés juste de part et d’autre valent alors d’être essayés si l’angle classique est bouché. La brume matinale au-dessus de la rivière est ici l’un des effets atmosphériques les plus fiables de la région, assez fréquente en automne et au printemps pour justifier un réveil aux aurores.
La note de terrain du photographe
La composition : Depuis le belvédère, cadrez le méandre complet à 180 degrés avec une bande de champ ou une ligne d’arbres au premier plan pour ancrer le bas de l’image ; arrivez avant le lever du soleil pour saisir la brume encore posée sur la rivière.
Fiche technique : 24 mm, f/11, filtre gradué ND 0.6 pour équilibrer le ciel lumineux et le fond de vallée dans l’ombre, 1/15s, ISO 100, trépied indispensable dans la faible lumière de l’avant-aube.
Limeuil : là où deux rivières n’en font plus qu’une
Distance depuis Les Cordeliers : 36 km (40 minutes de route vers l’ouest par la D703).
La plupart des points de vue de cette page cadrent la courbe d’une seule rivière. Limeuil, bâti sur un promontoire juste au-dessus du point où la Dordogne rencontre la Vézère, offre une composition d’une autre nature : deux rivières qui convergent en une seule, vues depuis les jardins panoramiques au sommet du vieux village fortifié. Le point de vue se prête autant au téléobjectif qu’au grand-angle : la confluence se trouve en contrebas des jardins, sous un angle particulier, et un peu de compression aide à réunir les deux cours d’eau en une seule ligne graphique plutôt qu’en deux rivières distinctes qui se disputent le cadre.
La note de terrain du photographe
La composition : Photographiez depuis les jardins panoramiques au-dessus du village, au téléobjectif, pour resserrer la confluence en une seule ligne graphique.
Fiche technique : téléobjectif 135 mm, f/8, 1/250s, ISO 200, polarisant circulaire pour distinguer les teintes de la Dordogne et de la Vézère à l’endroit où elles se mêlent.
Foire aux questions
Quelle est la meilleure période de l’année pour photographier le Périgord ?
L’automne est généralement considéré comme la meilleure saison pour photographier la région. La lumière devient plus chaude et plus rasante même en milieu de journée, la brume matinale envahit régulièrement la vallée près de Trémolat et Limeuil, et la canopée de noyers et de chênes qui change de couleur ajoute une teinte que l’été n’offre pas. Le printemps offre l’air le plus limpide de l’année, l’été offre la lumière la plus longue mais aussi les points de vue les plus fréquentés, et l’hiver offre une lumière rasante spectaculaire, presque sans personne, même si une poignée de sites plus petits réduisent leurs horaires hors saison.
Quel est le meilleur moment de la journée pour photographier la vieille ville de Sarlat ?
L’heure bleue, ces vingt minutes environ après le coucher du soleil quand le ciel garde encore de la couleur et que l’éclairage public s’est allumé, convient généralement mieux aux ruelles médiévales de Sarlat que la pleine lumière du jour. La pierre couleur miel prend un caractère différent une fois les lampadaires allumés et les foules dissipées.
Peut-on utiliser un drone près des châteaux de la région ?
La photographie par drone autour des châteaux et des sites historiques de la région est généralement restreinte, et les règles peuvent varier selon le site et changer sans grand préavis. Quiconque prévoit de faire voler un drone doit se renseigner directement auprès de chaque propriété plutôt que de présumer que l’autorisation est acquise.
À quelle distance de Sarlat se trouvent les principaux points de vue ?
La plupart des lieux clés de la région se trouvent à environ un quart d’heure de voiture du centre-ville de Sarlat. Marqueyssac est à environ 10,9 kilomètres, La Roque-Gageac et le château de Beynac sont à environ 12 kilomètres, Domme est à environ 13,2 kilomètres, le château de Castelnaud est à environ 14,1 kilomètres, et La Gare Robert Doisneau est à environ 14,6 kilomètres. Le Cingle de Trémolat et Limeuil sont plus éloignés, à environ 30,5 et 36 kilomètres respectivement, soit plutôt 35 à 40 minutes de trajet, mais l’un comme l’autre valent largement ces kilomètres supplémentaires.
Quel équipement les photographes doivent-ils apporter ?
Un équipement simple fait généralement l’affaire. Un objectif allant du grand-angle au standard, environ 24 à 50 mm en équivalent plein format, couvre la plupart des points de vue sur la vallée et les rues médiévales de Sarlat, un petit téléobjectif aide à compresser les collines étagées près de Castelnaud et Domme, un trépied robuste permet les longs temps de pose qu’exigent l’heure bleue et l’heure dorée, et un filtre polarisant réduit les reflets et intensifie le ciel les jours dégagés. Des chaussures confortables comptent autant que n’importe quel objectif, puisque plusieurs points de vue se méritent à pied depuis le parking le plus proche.
Installez votre atelier photo aux Cordeliers
Séjourner aux Cordeliers, c’est être à quelques pas ou à quelques minutes de voiture de chaque lieu de cette page, aux heures qui comptent, avec des hôtes qui savent mieux que personne quelle ruelle capte la lumière à six heures du soir.
Traquer la lumière légendaire du Périgord demande un port d’attache qui comprenne l’emploi du temps d’un photographe : les départs à l’aube, les retours tardifs à l’heure bleue, et le besoin de garder son matériel proche et au sec entre deux séances. Situé dans le centre historique paisible de Sarlat, Les Cordeliers marie patrimoine médiéval et confort contemporain raffiné, et ses hôtes ne sont jamais à plus de quelques pas des ruelles les plus photogéniques de la ville quand les lampadaires s’allument.
Prêt à partir à sa poursuite, appareil en main ? Rejoignez Chasing the Light dans la vallée de la Dordogne cet été, ou séjournez chez nous aux Cordeliers au cœur de Sarlat. Réservez votre suite ou inscrivez-vous à notre prochain atelier photo dès aujourd’hui.